L’abus psychologique au travail

Part 1:

Stéphanie, 26 ans est une jeune femme active qui espère un jour voler de ses propres ailes. Hypersensible, elle a vécu une enfance très renfermée dont elle a gardé les stigmates mais, elle a passé le plus dur. Plus courageuse que jamais, elle continue maintenant son combat à travers Omena qu’elle a rejoint en 2020.

Si l’idée même d’aller au travail vous fait souffrir psychologiquement et émotionnellement, c’est parce que comme moi, vous êtes probablement victime d’abus émotionnels et de harcèlement moral.

Je vais vous raconter mon expérience, ce que j’ai ressenti lorsque j’ai été moi-même victime de harcèlement moral au travail.

Le harcèlement moral au travail peut prendre plusieurs formes et pour le prouver, voici 7 phrases qui m’ont profondément marquée. J’ai préféré partir de là pour expliquer les choses et leurs contextes car la plupart des gens subissent le harcèlement moral au travail sans même s’en rendre compte.

1- L’abus d’autorité: “Je ne m’entends pas du tout avec toi mais je ne vais pas faire en sorte que tu te fasses renvoyer,”. Pourquoi le fait d’être un supérieur hiérarchique donnerait à quelqu’un le droit de décider si oui ou non tu mérites ta place seulement parce que tu ne te sens pas en osmose avec lui?

2- L’humiliation: À peine que j’ai eu le temps de franchir la porte que j’ai entendu crier haut et fort avec une telle colère “Tsy miditra fotsiny ohatra ny ny omby aty!” ou pour faire simple “On ne rentre pas ici comme dans une ferme, apprends un peu à dire bonjour!” devant tout le monde, à l’heure du déjeuner. Comment espérer être intégrée même avec tout l’effort du monde avec autant de préjugés.

3-La dévalorisation: “Tu te moques de moi j’espère!” c’est tout ce que je reçois comme réponse lorsque je m’exprime. Je vois pourtant bien que ce n’est clairement pas le cas pour tout le monde.

4- L’exclusion: “Tu n’as rien à faire ici si tu n’es pas comme nous!” Il est tout à fait naturel que l’on soit tous différents et oui cela arrive même au sein d’une entreprise. Chacun a sa propre valeur. Le problème est que la limite entre le cadre professionnel et personnel est souvent très floue.

5- Des critiques injustifiées à mon encontre et celui de mes collègues: “Aza miveravera fotsiny ao amin’ny réception ao ianareo” pour dire “Arrêtez de poireauter dans votre desk et sortez discuter avec les clients!”. Aucun client ne s’est jamais plaint ni de mon accueil ni de ma façon de travailler. Au contraire, l’administration m’a toujours fait des éloges à ce sujet.

6- Des ordres dénués de tout respect: “Stéphanie, approche, viens-là!” [en agitant les deux doigts de la main].Tout le monde m’avait déjà fait la remarque comme quoi mon boss s’adressait à moi comme l’on s’adresse à un chien.

7- Aucun leadership de la part de votre supérieur: “Imprime ça…facture ça…réponds à ce mail” et j’en passe. Il me fait faire absolument tout alors que lui est assis à son bureau tranquillement à faire des jeux.

Ces phrases sont sorties du cadre professionnel car chacune d’elles résonnait comme une attaque personnelle à mon encontre.

Après ça, je n’ai jamais plus eu aucune envie de me trouver dans la même pièce que la plupart de mes collègues, je fuis toutes les discussions où ces personnes sont présentes et je limitais les contacts au strict nécessaire et utile à mon travail. J’avais aussi totalement peur de mon boss et je faisais tout pour ne pas croiser son chemin, alors un fossée s’est creusée entre nous à ce niveau car la communication n’était plus fluide. Je préférais de loin garder mes idées pour moi et me taire par peur que mes actions ne soient toujours mal interprétées, jugées et critiquées au point de rendre les choses encore plus compliquées qu’elles ne l’étaient déjà.

Je vivais là certainement dans un climat d’insécurité émotionnelle et moralement pesant.

Ces phrases auraient sans doute été interprétées autrement dans un autre contexte et par d’autres personnes, mais il s’agissait là de moi! Il est difficile pour moi de m’exprimer de manière objective sur le harcèlement moral au travail. Je dirais simplement que chaque expérience est subjective et qu’il faut apprendre à reconnaître les signes pour pouvoir agir en conséquence.

(à suivre)

Initiated in Madagascar, we are a global movement promoting Social-Emotional Intelligence in hopes to break the cycle of emotional abuse around the world.

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